Contrôle du flétrissement bactérien de la tomate par l’utilisation du “compost bactéricide” dans les périmètres maraîchers des Hauts-Bassins

La tomate est assujettie au flétrissement bactérien causé par Ralstonia solanacearum (E. F. Smith)qui peut occasionner des pertes de rendements pouvant atteindre 90%. C’est l’une des maladies telluriques la plus dévastatrice au monde. Elle a été à l’origine de l’abandon de la culture de la pomme de terre à Toussiana, la tomate à la Vallée du Kou, Nakagouana, Banakélédaga et de l’aubergine au Bazèa.

Face à cette contrainte biotique majeure, une recherche a été initiée depuis 2014, et axée sur le développement de solutions efficaces, saines et respectueuses de l’environnement et de la santé humaine. C’est ainsi qu’un “compost bactéricide ” a été formulé. Il s’agit du compost à effet antibactérien formulé à base de déjections (de porcs et de volailles) enrichi aux extraits de plantes aromatiques locales (Ocimum gratissimum et Cymbopogon citratus) à effet antibactérien. L’évaluation de ce compost a permis de réduire significativement (près de 40%) l’incidence de ladite maladie en milieu semi-contrôlé. Au regard de ce résultat significativement important dans la lutte contre le flétrissement bactérien, le présent projet propose une solution innovante basée sur l’optimisation de l’effet du compost à double effet (fertilisant et antibactérien).

Le “compost bactéricide” est une solution innovante à fort potentiel pour améliorer la productivité de la tomate par la réduction des pertes dues au flétrissement bactérien. Ce projet d’innovation vise à : (i) valider l’efficacité du compost bactéricide dans le contrôle du flétrissement bactérien en milieu réel; (ii) former les producteurs maraîchers et les techniciens de l’agriculture à la fabrication dudit compost (iii) former les producteurs maraîchers et techniciens de l’agriculture au test de diagnostic rapide de la maladie et aux bonnes pratiques de culture et d’entretien de la tomate.

Colonies Pures de l’agent pathogène (Ralstonia solanacearum) sur milieu de culture SMSA

Pour l’atteinte de ces objectifs, des activités sont prévues, à savoir : i) le choix des sites de démonstration dans les trois (3) provinces d’intervention du projet, ii) la formation participative de production du compost bactéricide avec les producteurs maraîchers et les techniciens de l’agriculture, iii) l’évaluation de l’efficacité in vivo de l’innovation compost bactéricide; iv) la formation des producteurs maraîchers et des techniciens de l’agriculture aux bonnes pratiques de culture et d’entretien de la tomate; v) la formation des producteurs maraîchers et des techniciens de l’agriculture au test de diagnostic rapide du flétrissement bactérien; vi) le suivi évaluation du projet.

La conduite de ces activités au profit des producteurs maraîchers et des techniciens de l’agriculture leur permettra de maîtriser les techniques de production du compost bactéricide, de diagnostiquer rapidement la maladie, et de connaître les bonnes pratiques de culture et d’entretien de la tomate. Toute chose qui va réduire considérablement l’incidence de la maladie et par conséquent augmenter la productivité de la tomate au Burkina Faso. Aussi, L’utilisation du compost bactéricide va réduire l’apport d’engrais, et l’usage de certains traitements chimiques contre des parasites telluriques, d’où la protection de l’environnement et de la biodiversité, et une amélioration substantielle des rendements, donc des revenus des producteurs. Cela cadre avec les objectifs du plan national de développement économique et social du pays.

Pour l’atteinte de ces résultats escomptés, trois (3) structures partenaires vont concourir leur synergie pour mener à bien les activités prévues. Il s’agit de l’IRSAT qui va coordonner les activités du projet et assurer les analyses, les tests de démonstration et de formations avec l’INERA. La Coopérative Maraîchère Urbaine et Périurbaine de BoboDioulasso (COMABO) va informer, mobiliser et susciter l’adhésion des producteurs et des productrices au projet. Par ailleurs, la Direction Régionale de l’Agriculture sera fortement sollicitée pour la mobilisation de ses agents techniques.

Oumarou Traore, Burkina Faso

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