Test de l’efficacité de quelques doses de Eradicoat sur les principaux ravageurs du niébé et du maïs et son effet sur leurs parasitoïdes en condition de laboratoire et au champ pour une gestion intégré et durable des ravageurs de cultures au Bénin

Le Bénin a connu au cours de la campagne agricole 2016-2017 une résurgence de l’attaque d’un parasite appelé Spodoptera frugiperda Abbot Smith & d’Heliothis zea Boddie (Lepidoptera : noctuidae). Ce parasite est la chenille du papillon S. frugiperda. Des attaques de cultures de cette envergure dues à ce parasite n’ont jamais été rapportées précédemment au Bénin. Des baisses importantes de rendement ont été occasionnées par les attaques de ce parasite, toute situation qui exposerait la population au risque de famine. En août 2016, la presse béninoise avance le chiffre de 30.000 à 40.000 ha de maïs détruits dans les régions du Nord Bénin. Les dégâts de cette chenille persistent jusqu’à ce jour et posent d’énormes problèmes de famines et d’insécurité alimentaire dans tous les régions touchées et induit une volatilité des prix des produits agricoles. Il est paru de nos jours le ravageur premier du maïs au Bénin.  Il urge donc de mettre au point un moyen de lutte efficace et respectueuse de l’environnement outre que l’utilisation des pesticides.

                Quant à la culture du niébé, la production est confrontée à plusieurs contraintes d’ordre biotiques et abiotiques (Niba, 2011 ; Houinsou et al., 2014) dont les rendements restent toujours faibles (Assa, 1984 ; Ntare, 1989). Parmi celles-ci, les insectes ravageurs constituent la contrainte majeure à la production du niébé (Dugje I et al., 2009). Les principaux insectes ravageurs du niébé répertoriés au Bénin et occasionnant le plus de dégâts sur la plante sont : Maruca vitrata Fabricius (Lepidoptera : Crambidae), Megalurothrips sjostedti Trybom (Thysanoptera : Thripidae), Clavigralla tomentosicollis Stål (Hétéroptère : Coreidae) et Aphis craccivora Koch (Homoptera : Aphididae) (Tamò et al.,1993). Ils peuvent occasionner des pertes de rendement de 50 à 100% si aucune mesure de contrôle n’est prise (IITA, 1982). Ce ci justifie la mise en place de plusieurs moyens de lutte parmi lesquels la lutte chimique reste la plus ancienne et la plus efficace. Mais l’utilisation intensive des insecticides chimiques de synthèse a souvent causé plus de problèmes qu’il n’en a résolu (Chandrasekhar et al., 2003). Cependant, des problèmes de pollution de l’eau et des sols associés à l’utilisation de pesticides, l’apparition du phénomène de résistance la progressive disparition des insectes utiles ainsi que l’interférence négative des pesticides sur la santé humaine et la pression constante qu’exerce le consommateur pour une agriculture plus saine ont poussé à l’intensification des recherches pour la mise au point de méthodes alternatives plus respectueuses de l’environnement (Hofsvang et al 1991 ; Djihinto et al., 2012).

               Cependant, dans ces multiples innovations, la société Certris Europe BV a obtenu en 2016 l’homologation d’un nouveau produits « Eradicoat » qui rentre dans le cadre des méthodes alternatives (produits de bio contrôle) (Arexhor Grand Est., 2016). Il est homologué aussi bien en cultures florales et plantes vertes que sur rosier, arbres et arbustes ou encore cultures légumières. Eradicoat est un insecticide botanique à large spectre d’action, efficace contre divers insectes nuisibles. La matière active d’Eradicoat est la maltodextrine (597,8 g/L 49%) (sucres issus de l’hydrolyse de l’amidon) qui après contact avec la cible, bouche les stigmates et provoque la mort par suffocation : « effet de choc » (Arexhor Grand Est., 2016). Il agit rapidement, mais ne laisse pas de résidu après la récolte. Il est sans effets toxiques et possède des propriétés de piégeage. Eradicoat a une bonne efficacité contre les araignées, les aleurodes, les pucerons et autres ravageurs de petite tailles (Sival 2017). Il n’a pas d’effet de toxicité directe pour les ennemis naturels. La pulvérisation directe provoquerait l’étouffement des ennemis naturels, mais immédiatement après le traitement, les parasitoïdes pourraient se rétablir et retrouvaient leurs efficacités. Les œufs ne sont pas tués et les populations existantes pourraient se rétablir. Par conséquent, le produit est utilisé efficacement sans perturber les programmes de la gestion intégrée des ravageurs (Certris Europe., 2017). Eradicoat est déjà testé et prouvé efficace contre les ravageurs des cultures dans plusieurs pays tel que la France, la Belgique etc….

                  Jusque-là aucune étude n’a encore été menée au Benin pour prouver son efficacité. C’est dans cette idéologie que nous voudrions tester l’efficacité de quelques doses de Eradicoat sur les principaux ravageurs du niébé (Vigna unguiculata (L.) Maruca vitrata, Megalurothrips sjostedti, Clavigralla tomentosicollis et Aphis craccivora et du maïs (Zea mays): Spodoptera frugiperda, Eldana saccharina et Sesamia calamistis et son effet sur leurs parasitoïdes en condition de laboratoire et au champ pour une gestion intégré et durable des ravageurs de cultures au Bénin. Ainsi, s’il est testé et prouver efficace, ce bio pesticide serait écologique à action physique non toxique pouvant être utilisé pour la gestion intégrée et durable des ravageurs au Benin en vue d’accroitre en rendements, d’assurer la sécurité alimentaire de la population et de préserver l’environnement contre divers risques de pollution.

Objectifs : L’objectif général de notre projet est d’évaluer l’efficacité de quelques doses de Eradicoat sur les principaux ravageurs du niébé (Vigna unguiculata (L.) M. vitrata M. sjostedti, C. tomentosicollis et A. craccivora et du maïs (Zea mays) : S. frugiperda, E. saccharina et S. calamistis et son effet sur leurs parasitoïdes en condition de laboratoire et au champ. Spécifiquement il s’agira de :

– Tester l’efficacité de la dose recommandée et quelques doses inférieur à la dose recondamnée par le fabricant du produit sur les œufs, larves, nymphes, pupes et adultes des différents ravageurs

– Evaluer l’effet de la dose recommandée et quelques doses inférieur à la dose recondamnée par le fabricant du produit sur les œufs, larves et nymphes parasitées, pupes et adultes des différents parasitoïdes 

Les parasitoïdes sur les quels porteront nos essais sont : les parasitoïdes oophage (Trichogrammatoïdae eldanae), larvaires (Therophilus javanus, Apanteles taragamae) et ovo-larvaire (Phanerotoma seleptae) identifiés sur Maruca vitrata ; Gryon fulviventris, parasitoïde des œufs de C. tomentosicollis ; Lysiphlebus testaceipes parasitoïdes des nymphes de A. craccivora ; Phemoratus mènes parasitoïdes des nymphes de M. thrips (Tamo et al., 2010)

Les étapes à suivre pour développer notre idée :Nos essais seront conduits à l’Institut International d’Agriculture Tropical (IITA-Cotonou-Benin) à travers les étapes suivantes : Approbation institutionnelle ; Financement ; Achat d’intrants ; Conduite d’essais au laboratoire ; Conduite d’essais au champ : Analyse statistique des données ; Diffusion des résultats ; Formation des agriculteurs et des agents de vulgarisation agricole par l’intermédiaire de l’école de terrain pour agriculteurs. Nous avions reçu une approbation à la station de IITA-Cotonou-Benin pour l’exécution des travaux de recherches. Mon équipe et moi avions déjà élaboré et mis en place le protocole de recherche pour exécuter le projet.    

Résultats attendus : La dose recommandée par le fabricant de Eradicoat aurait une bonne efficacité sur les œufs, larves, nymphes, pupes et adultes des ravageurs ; La dose recommandée par le fabricant de Eradicoat n’aurait pas d’effet significatif sur les œufs, larves et nymphes parasitées, pupes et adultes des parasitoïdes.  Pour mesurer le succès de nos résultats, toutes les données collectées au cours des essais seront analysées en utilisant la procédure GLM du logiciel statistique SAS version 9.2 suivi d’une comparaison à l’aide du test de Student-Newman-Keuls (SNK) au seuil de 5%. Les données exprimées en pourcentage, seront préalablement transformées par la fonction arcsin√ (p/100) avant leur analyse.

Les parties prenantes :Les chercheurs et les instituts de recherche locaux et internationaux tels que l’INRAB, l’IITA au Bénin. Ils interviendront à différents niveaux de ce projet : de l’achat de matériel et à la vulgarisation des résultats. Les agents de vulgarisation agricole et les agriculteurs seront formés à l’utilisation du produit.

Les bénéficiaires :Le bio-pesticide Eradicoat sera mis à la disposition des agriculteurs pour contrôler les ravageurs des cultures afin de garantir la sécurité alimentaire et le bien-être de la population.

Les impacts socio-économiques : création d’emplois ; Réduction des pertes de rendement ; Contribution à la réduction de l’insécurité alimentaire ; Réduction des coûts de gestion des nuisibles, Réduction de la pauvreté.

Motivations : Mes connaissances en sciences et techniques de protection des végétaux et mon ambition à contribuer à la résolution des problèmes liés à l’insécurité alimentaire, la pauvreté, la dégradation des sols, la pollution de l’environnement etc… au Benin et partout dans le monde sont mes réelles motivations pour ce projet. Mes récompenses pour ce projet seraient la satisfaction des agriculteurs après l’application du produit pour la gestion des insectes ravageurs et accroitre le rendement leurs productions, le bien-être de la population, la réduction de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire qui découlent du succès qu’a démontré le bio-pesticide Eradicoat contre les ravageurs des cultures en France, Belgique et autres.

Agossou Diano Nounagnon, Benin

49 comments

  1. la science à vraiment besoin des gens comme vous pour s’agrandire. Je vous remercie beaucoup pour le résultat.

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  2. Félicitations pour ton enthousiasme et ton idée. Je trouve intéressant cette étude car elle nous permettra de mieux rentabiliser notre production surtout au niveau du maïs et du bébé.

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  3. Félicitations pour ton enthousiasme et ta détermination. Je trouve intéressant cette étude car elle nous permettra de mieux rentabiliser notre production surtout au niveau du maïs et du niébé. C’est un bon projet de recherche. Courage.

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